Après
la suppression de la sectorisation, l’ouverture dans des délais
étonnamment rapides d’un lycée d’enseignement
privé dans une banlieue parisienne, Nicolas Sarkozy lance
maintenant un « internat d’excellence ».
La FCPE ne peut que se féliciter de cette sollicitude montrée
envers les élèves méritants des milieux défavorisés
: pratiques pédagogiques « originales », jumelages
avec des établissements étrangers, enseignants volontaires…
tous les ingrédients de la réussite, financés
par des fonds privés ! Ces enfants ne seront privés
de rien, mais les autres ?
La FCPE ne peut que s’inquiéter du sort réservé
aux élèves qui resteront dans des établissements
encore plus ghettoïsés après le départ
de leurs camarades méritants, de ceux dont les parents auront
pu les inscrire dans un autre établissement public ou dans
le lycée privé.
Mais il est vrai que ceux qui restent sont « ceux qui brûlent
les voitures et cassent les cabines téléphoniques
»… Sont-ils dignes que la société se préoccupe
de leur sort ? Président de la République et ministre
de l’Education nationale semblent avoir décidé
que non !
La FCPE s’indigne de la création d’une école
à deux vitesses qui, de fait, renforce les inégalités
entre les enfants. Aucun enfant, quelle que soit son origine sociale,
ne doit se trouver écarté du chemin de la réussite.
L’inégalité des conditions d’apprentissage
des élèves au sein de leur famille fait partie depuis
très longtemps des préoccupations de la FCPE. Mais
éloigner ces enfants de leurs familles, sous prétexte
qu’elles sont défavorisées, est-ce vraiment
la solution ?
La FCPE revendique, avec les associations familiales, que les conditions
nécessaires soient créées pour que tous les
enfants puissent étudier sereinement dans et en dehors de
l’école quels que soient les moyens financiers de leurs
parents.
Les politiques gouvernementales familiale et éducative se
doivent de donner aux parents les moyens nécessaires à
l’éducation de leurs enfants, et au service public
d’éducation la capacité de former et d’éduquer
tous les jeunes sans exception, dans le respect des principes de
laïcité, d’égalité et de fraternité
qui sont inscrits dans le marbre de notre démocratie.
Cette Ecole de l’excellence que cite Nicolas Sarkozy ne peut
être que l’Ecole publique, l’Ecole de la réussite
pour tous.