Fédération des Conseils de Parents d'Elèves des Écoles Publiques LOIRE-ATLANTIQUE
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SOMMAIRE
-2008-

pour les années antérieures veuillez contacter la FCPE44

De l’Ecole de la République à Celle de la stigmatisation, de la ghettoïsation, et de la concurrence entre écoles,

 

Les Editoriales de l'encart départemental.

2008
N°105 - OCTOBRE 2008
RENTREE DES CLASSES REUSSIE ? ATTENDONS LA SUITE !

En apparence, la rentrée 2008/2009 s’est bien passée, puisque les seuils d’ouverture et de fermeture de classes dans le 1er degré en Loire Atlantique ont été respectés.

Formidable ! Mais où se sont faites les 11 500 suppression de postes cette année ?

La première vague de grippe nous renseignera : il n’y aura plus de remplaçants pour intervenir sur les postes des enseignants malades.
Dans le guide des parents, que certains d’entre nous ont reçu dans leur école, on nous parle d’un service d’accueil, mais qui l’assurera, dans quelles conditions sera-t-il mis en place, quelles seront les personnes qui s’occuperont de nos enfants ?

Dès la rentrée, probablement à cause d’une erreur d’appréciation de l’éducation nationale, certaines classes se sont retrouvées sans leur enseignant.

Ce ne sont que des prémices, la réforme des lycées et collèges qui s’annonce pour la prochaine rentrée ne présage rien qui vaille : diminution des options, offres de modules généraux et de spécialisation (les enseignements généraux seraient le français, les maths, les 2 langues vivantes, la philosophie et l’EPS).
Et n’oublions pas la suppression annoncée de 13500 postes en 2009 !
C’est 10 % des effectifs de l’éducation nationale qui disparaissent.

L’avenir des maternelles est lui aussi menacé : les récentes déclarations du ministre Darcos qui affirme que « c’est du gâchis de payer des bac + 5 pour changer des couches » nous font froid dans le dos. Quelle ignorance ! quelle mépris pour notre école maternelle…

Nous devons continuer à montrer que nous ne sommes pas dupes, tous ensemble et inlassablement, malgré une communication gouvernementale qui veut nous convaincre du bien fondé de ses mesures.

Nous ne laisserons pas l’entreprise Darcos poursuivre la démolition de notre école de la République.
N°104 - SEPTEMBRE 2008
La Loire Atlantique fait figure de mauvaise élève !

La mobilisation perdure en Loire Atlantique, au grand dam de notre tout nouvel Inspecteur d’Académie.

« Les enseignants sont récalcitrants, les parents d’élèves inquiets: il faudra s’y faire » dit Monsieur Renault dans les colonnes d’un quotidien.
Les dirigeants nationaux ou ligériens ne savent plus quoi faire pour calmer la rébellion causée par leurs réformes.

La dérision ministérielle, le fatalisme académique démontrent une impuissance à calmer les mobilisations.

Parents et enseignants respectent trop l’école publique pour ne pas vouloir l’abîmer, ce qui n’est apparemment pas le souci qui anime les têtes pensantes de l’Education Nationale.

Occuper les écoles publiques, le jour, la nuit, ce n’est ni de l’hommage à Sheila ni du caravaning, c’est le seul recours que nous laissent ministre et inspecteur d’académie, lorsqu’ils refusent de nous écouter, de nous entendre, de prendre en compte nos critiques et nos propositions.

Les réformes Darcos ne sont pas sociales, elles fabriquent une école élitiste, dans laquelle les 15% d’enfants les plus fragiles seront encore plus pénalisés par un surcroit d’heures qualifiées d’« aides aux enfants en difficulté» et tous devront ingurgiter des programmes lourds et indigestes avec deux heures de classe en moins, augmentant ainsi le nombre d’élèves potentiellement en difficultés.

Nous ne nous ferons pas à cette école dont nous ne voulons pas et qu’on nous impose.
Cette école qui fabriquera des travailleurs dociles et formatés, qui sauront sans doute faire des règles de trois, mais n’auront hélas pas appris à l’école : la réflexion, l’esprit de solidarité et de citoyenneté, le vivre ensemble dans la tolérance et le respect de l’autre.

Monsieur Renault, Monsieur Darcos, nous vous donnons rendez vous à la rentrée, où, n’en doutons pas, en Loire Atlantique, la mobilisation risque, encore et toujours de vous déplaire.
N°103 - JUIN 2008
IL N’Y A PAS PLUS SOURD QUE CELUI QUI NE VEUT PAS ENTENDRE

Malgré l’inquiétude des parents d’élèves à travers toute la France, et de celle de la plupart des membres de la communauté éducative, enseignants, personnel Rased, etc….

Malgré le tollé provoqué par l’annonce des suppressions massives de postes, par les nouveaux programmes qui seront mis en place à la rentrée prochaine et les aménagements du temps scolaire, qui suscitent bien des interrogations tant des familles que des collectivités locales,

Malgré le mécontentement grandissant, qui se matérialise de plus en plus par des mobilisations importantes dans les rues de toutes les villes françaises, de parents, et d’élèves de primaire, collège, et lycée

Monsieur DARCOS, ministre de l’Education Nationale,
fait la sourde oreille.

Il persiste dans ses résolutions à faire appliquer ses réformes, en se contentant de retirer avec parcimonie quelques éléments insignifiants, pour tenter de faire avaler la pilule. Il poursuit sa réflexion sur de nouveaux changements, notamment pour les programmes des lycées,
Il prétend lutter contre l’échec scolaire. Il réduit le nombre de postes d’enseignants, sous prétexte que le nombre ne fait pas la réussite… mais quand on constate le nombre d’heures d’enseignement perdues dans les établissements scolaires, on ne peut que regretter qu’il ne soient pas plus nombreux, afin de couvrir les besoins.

Nous sommes dans la plus grande confusion, en attendant les décrets d’application des réformes du primaire qui ne sont pas toujours pas parus! Pourtant, le temps presse, la fin de l’année scolaire se rapproche, et tout doit être organisé entre parents, enseignants et municipalités dans les semaines à venir. Notre ministre, qui se dit soucieux du bon fonctionnement de l’école, n’applique pas les bonnes mesures pour y parvenir…

Nous continuerons donc à vous appeler à manifester dans les jours qui viennent contre les réformes de Mr Darcos, qui nous ramène 40 ans en arrière. On ne peut pas avancer en retournant sur ses pas…

Restons mobilisés, pour que chacun de nos enfants soit scolarisé dans les meilleures conditions, et que l’école publique du 21 ème siècle soit une réussite pour tous.
N°102 - AVRIL 2008
ET SI ON PARLAIT LAICITE !!!!!

Nous ne pouvons pas accepter que les propos de Nicolas Sarkosy fassent loi !
La FCPE reste et restera viscéralement attachée à la laïcité, valeur qui s’est penchée sur son berceau et que depuis elle défend becs et ongles. La vigilance s’impose dans une société que nos gouvernants veulent chaque jour, plus tournée vers le libéralisme, le profit, l’exigence de résultat immédiat, au mépris des valeurs porteuses de notre république qui sont inscrites dans le marbre de sa constitution. Une société dans laquelle morale et travail (pour qui ?) seront les maîtres mots : travail, famille, patrie : cela ne vous rappelle rien ?

Que serait notre système scolaire sans la laïcité ? Une école libérale, dans laquelle ne prévaudrait que la réussite des meilleurs, où chaque famille ferait son marché pour sélectionner le meilleur établissement bien fréquenté, affublé des meilleurs résultats aux examens dans lequel chacun se retrouve entre soi, et dans lequel ces chères petites têtes blondes auront les meilleures chances d’accéder à LA Réussite. Le système dans lequel les enfants « les moins bons » seraient soigneusement regroupés dans les établissements de leurs quartiers, dans lesquels évidemment, on affecterait les meilleurs enseignants, des pédagogies innovantes et des budgets conséquents !!! Même Gaby Cohn-Bendit y a cru, avant de déchanter !
C’est justement de cette école que nous ne voulons pas.
L’Ecole que vous, adhérents de la FCPE, défendez chaque jour, c’est l’école du vivre ensemble. L’Ecole de tous nos enfants, sans distinction sociale, religieuse ou ethnique.
Cette Ecole bigarrée, multiculturelle, dans laquelle il fait bon vivre ensemble, jouer ensemble, étudier ensemble, bref apprendre à l’intérieur des murs sécurisés des établissements scolaires,
les règles de vie commune d’une société solidaire, où chacun trouve harmonieusement sa place.

Utopie, me direz-vous ?

Je veux croire que non, que notre engagement quotidien, auprès de nos partenaires, partageant les mêmes valeurs de laïcité, finira par porter les fruits que nous attendons tous.
Nous ne pouvons pas regarder impassibles, la casse de notre école publique que Nicolas Sarkosy et son fidèle petit soldat Xavier Darcos s’emploient jour après jour, avec conviction et opiniâtreté, à organiser.

Bon courage à tous.
N°101 - FEVRIER 2008

De l’Ecole de la République à Celle de la stigmatisation, de la ghettoïsation, et de la concurrence entre écoles,

Selon les dernières annonces du Ministère de l’Education Nationale, un nouveau système d’évaluation sera mis en place dès l’année scolaire 2008/2009, pour les élèves de CE1 et de CM2. Les résultats des écoles devraient être publiés au niveau national , de manière « transparente » sur internet

Si la FCPE estime que l’évaluation des élèves est indispensable pour définir les politiques d’établissement d’aide aux enfants en difficulté et les moyens nécessaires à leur mise en œuvre, elle refuse que ces résultats soient publiés au niveau national, par internet ou quelque autre media. Elle craint que cette mesure ne pousse les familles à éviter certains établissements.

Car on peut se poser la question de la pertinence d’une telle mesure ?
Que cherche donc Xavier Darcos en mettant ainsi les écoles en concurrence ?

Il prétend réduire le pourcentage d’enfants en situation d’échec scolaire de 15 à 5 % en trois ans et pour cela il s’inspire du système britannique ! Il est vrai qu’en ce qui concerne l’école à deux vitesses, les britanniques sont champions d’Europe…

Au vu des suppressions massives de postes dans l’enseignement, quels moyens va-t-il mettre en place pour prendre en charge les élèves les plus en difficulté ?
Ne devons-nous pas craindre de voir les écoles ainsi mises en concurrence tricher sur leurs résultats ?

La suppression de la sectorisation n’étant pas une mesure suffisante pour mettre à mal les écoles dans les quartiers sensibles, le Ministre pense-t-il que la discrimination fera le reste, et que ces écoles de ZEP ne seront plus que des ghettos en zone de non-droit, qui pourront alors fermer leurs portes ?

C’est la mixité sociale qui risque de disparaître dans ces écoles sensibles. Or cette mixité fait partie de la richesse de notre société, elle est un facteur de réduction de la fracture sociale et
participe ainsi à diminuer le nombre d’élèves en grande difficulté.
2007
N°100 - DECEMBRE 2007

La valse du ministre sur le rythme effréné des réformes !

Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale connaît-il la valeur de l’écoute et du travail en équipe ?

Bonne question ! Examinons un cas d’école : la «semaine des quatre jeudis»

Si ses hésitations, et ses diverses annonces, étaient les fruits d’une concertation menée avec ses partenaires, nous ne pourrions que nous en réjouir, mais….

Afin de faciliter la vie quotidienne des familles, en mettant fin aux disparités des rythmes scolaires de l’enfant, le ministre affirme que tous les enfants doivent avoir la même semaine d’école et choisit, seul, la semaine de quatre jours comme modèle unique.

Mais un mois plus tard, voilà que la semaine de quatre jours évolue vers une semaine de quatre jours et demi, organisée au choix des municipalités et des conseils d’école : retour à la case départ.

Nous nous interrogeons, au-delà du fond, sur les démarches préalables aux décisions !

Monsieur Darcos, serait-il victime de l’épidémie gouvernementale de « réformite » aigüe ? Chaque jour, son ministère annonce la formation de groupes de travail: programmes de primaire, évaluation de fin de CM2, semaine de quatre jours, organisation du baccalauréat etc…

Avant même que ces groupes n’aient eu le temps de se réunir, les réformes sont annoncées !
Nous ne pouvons pas accepter ce simulacre de démocratie.

L’éducation de nos enfants et l’avenir du service public d’éducation sont des sujets trop sérieux pour devenir les enjeux de la médiatisation de l’hyper-action ministérielle.

Que le temps des réflexions nécessaires, menées dans un esprit de concertation et de construction, soit le socle des réformes nécessaires de notre Ecole du XXIe siècle.

N°99 - OCTOBRE 2007

Education nationale Rien ne va plus !

Les années se succèdent, et les suppressions de milliers de postes d’enseignants aussi.

Mais cela ne suffit pas !

Car, depuis l’investiture du nouveau gouvernement, chaque jour (ou presque) le ministre de l’Education nationale nous sort de son chapeau magique de nouvelles mesures comme l’assouplissement et la suppression progressive de la carte scolaire, l’application à nouveau de l’article 89 concernant l’obligation pour une municipalité de financer la scolarisation d’un enfant dans un établissement privé situé dans une autre commune, malgré l’avis défavorable donné précédemment par le Conseil d’Etat.

Le seul but affiché à ce jour par le gouvernement, est de faire des économies. Par conséquence il se désengage, mettant en péril l’institution qui est supposé être accessible à tous les élèves et que, à cause de ces mesures « en cascade », le devient de moins en moins.

Mais ses préconisations les plus inquiétantes sont le retour à l’examen en fin de CM 2 et la suppression du collège unique, sans nous dire pour autant que deviendront les élèves qui auront échoué à cet examen.

La FCPE n’acceptera pas que l’égalité des chances soit remise en question et restera vigilante sur ce sujet.

N°98 - SEPTEMBRE 2007

L’école doit-elle s’ouvrir au monde de la marchandisation ?

La période des examens de fin d’année et les polémiques qui ont eu lieu au sujet des méthodes de parution des examens ont ouvert un débat qui, à mon sens, n’est pas près de s’éteindre.

L’exigence légitime de modernité et d’efficacité doit–elle, dans l’école d’aujourd’hui et de demain faire oublier l’égalité de tous au sein d’un système public d’éducation ? Doit-elle pousser l’institution à obéir aux sirènes de la marchandisation et à se livrer pieds et poings liés aux exigences des entreprises privées ?

Or celles-ci sont nombreuses à guetter le moment propice pour s’introduire subrepticement dans les établissements :

  • Opérateurs privés Internet ou téléphonie mobile qui posent des exigences de priorité en terme de communication des résultats des examens.
  • Officines privées qui se sont déjà proposées comme partenaires éventuels dans le programme de soutien scolaire, annoncé par le gouvernement.
  • Certaines banques qui, démarchent sans vergogne les lycéens avec la complicité des établissements.
  • Les entreprises qui recrutent sans état d’âme les meilleurs élèves des filières professionnelles avant qu’ils aient obtenu leur diplôme

L’éducation nationale est un service public, et à ce titre elle doit se libérer de toutes pressions d’entreprises privées quelles qu’elles soient.

L’école doit rester son propre recours, aussi bien en terme de fonctionnement que de pédagogie.
L’école doit rester un lieu où tous les élèves sont à l’abri de toute sollicitation marchande.

Donc, pour répondre à notre questionnement de départ la réponse est NON.

La FCPE restera attentive à ce que l’adaptation légitime de l’institution scolaire à la modernisation ne se fasse pas au détriment des valeurs fondamentales de l’école publique : laïcité, gratuité, égalité de tous.

N°97 - JUIN 2007

L’école de demain…

A l’aube de ce nouveau quinquennat, les parents FCPE sont profondément inquiets.

Certes tout au long de ces dernières années, la FCPE n’a eu de cesse de dénoncer les atteintes successives aux valeurs fondamentales de la République. Mais aujourd’hui, face aux valeurs affichées par la nouvelle majorité, ce ne sont plus de simples menaces que nous ressentons, mais un véritable et réel danger pour notre école.

La co-éducation que nous avons voulue et défendue, est balayée d’un revers de manche : plus de parents à l’école, tout juste des consommateurs d’un système éducatif où la loi du marché prévaut sur l’intérêt général. Des parents responsables a priori, des parents montrés du doigt sans même avoir eu le droit de réponse.

L’école pour tous devient peu à peu l’école de quelques-uns, ceux qui auront les moyens de choisir un établissement pour ses performances présumées ou affichées. Les autres ? Ils auront tout juste le droit de prendre ce qui restera. Mais que restera-t-il quand on aura vidé les établissements de leur contenu ? Quand on aura, par des manœuvres ultra-libérales, instauré la concurrence à l’intérieur du service public ? Quand on aura mis dos à dos les enseignants et les parents ?

Non, ce n’est pas ce que nous voulons. Plus que jamais défendons haut et fort notre place dans la communauté éducative. Pour défendre plus encore ceux qui déjà ont perdu le droit à la parole. Défendons un véritable service public d’éducation.

Pourtant nombre de parents semblent déjà avoir baissé les bras. Les conseils locaux ne fédèrent plus comme auparavant. Fatalisme, intimidation, absence de conviction ? Il est peut-être encore trop tôt pour se prononcer. Mais qu’attend-on de la FCPE ? Toutes ces questions méritent réflexion. Et au terme de 60 années d’existence, c’est tout l’enjeu de notre association qui se pose aujourd’hui.

Parce que nos anciens nous ont légué le fruit de leurs combats, parce que plus que jamais tous les enfants ont besoin de l’école pour s’intégrer à la société, la FCPE se doit d’être à la hauteur des espérances des parents et le défenseur de l’école, qu’ensemble, nous construirons.

N°96 - AVRIL 2007

Bilan d’un quinquennat » : constatations de fin de règne : Le service public d’éducation est en danger !

Pour les parents d’élèves FCPE, le bilan de ces dernières années est catastrophique, les mesures qui se sont succédées ont démontré une volonté forte, déterminée et constante de casser le service public d’éducation.

  • Absence de statut délégué-parents dans un décret qui a malgré tout l’intérêt de clarifier la place des parents dans l’école.
  • Diminution du nombre de parents d’élèves présents lors des conseils de discipline.
  • Création des établissements publics d’enseignement primaire qui ne prévoit qu’une représentation dérisoire des parents, la présidence et 50% des membres du CA étant des élus.
  • Boulimie de circulaires : la lecture, le calcul, la grammaire, les leçons de mots, les programmes.
    Qui veut-on convaincre que les écoliers de France ne savaient ni lire, ni écrire, ni compter, ni parler avant Gilles de Robien. ? Qui veut on rassurer ? Sûrement pas les parents qui voient d’un œil inquiet une critique sous jacente mais constante de ce qui se fait à l’école et laisse planer le doute sur la pertinence des pratiques des enseignants.
  • Réduction drastique des moyens accordés au système éducatif : 5000 postes équivalents temps plein qui vont disparaître au niveau national.


Comment alors mettre sérieusement en œuvre la circulaire de rentrée « égalité des chances » et garantir pour chaque enfant l’accession à la réussite à laquelle il a droit, quelque soit l’endroit où il apprend ?

L’avenir d’un pays réside dans celui de sa jeunesse.

Réduire les coûts afférents à l’éducation des jeunes, est un bien mauvais pari sur l’avenir.
Les parents d’élèves FCPE laissent la responsabilité des choix politiques à qui de droit, et en attendant des jours meilleurs continueront à lutter pied à pied contre une politique éducative désastreuse dont leurs enfants, et en particulier les plus fragiles d’entre eux, font les frais quotidiennement.

N°95 - FEVRIER 2007

60 ans d’espoir, 60 ans de combat !

Sur les bases fondatrices de la FCPE, le Conseil Départemental des Parents d’Élèves de Loire-Atlantique a construit son identité et ce qu’il est aujourd’hui.

Élèves d’hier, parents d’aujourd’hui, ce sont des générations de militants qui se sont succédées pour faire vivre les revendications d’une école plus juste, plus égalitaire et porteuse des valeurs républicaines.

Dans un contexte local où la dualité de l’enseignement est fortement implantée, les combats ont successivement permis :

  • d’ouvrir des écoles, des collèges et des lycées publics en milieu rural
  • d’obtenir la gratuité des manuels scolaires au collège et au lycée
  • d’intégrer les enfants en situation de handicap
  • d’affirmer la place des parents à l’école et reconnaître leur participation et celle des enfants à tous les niveaux de décision

C’est au prix de ces combats et grâce à la ténacité des parents qui se sont relayés au cours de ces six décennies que la FCPE a affirmé sa place de première association de parents d’élèves de l’enseignement public en Loire-Atlantique.

Mais rien n’est jamais acquis. De nombreux combats restent à mener, notamment celui de la gratuité qui est trop souvent malmenée.

Le 16 février 2007, le CDPE44 soufflera ses 60 bougies.

Soyons fiers d’avoir assuré la pérennité des actions de nos aînés.

Soyons fiers de porter dans nos combats de demain l’espoir de la jeunesse d’aujourd’hui.

2006
N°94 DECEMBRE 2006

Education Nationale et ouverture d’esprit : cohabitation impossible ?

Monsieur de Robien devrait lever les yeux de ses dossiers et circulaires et sortir plus souvent de son bureau.

Il semble avoir oublié une vérité première : dans les écoles et devant les maîtres, des enfants vivent et apprennent au quotidien.

Qui dit enfants, dit diversité et c’est tout ce qui fait la richesse de notre école et plus largement de notre pays.

Apprend –on à lire de la même façon et au même rythme, lorsque l’on est un enfant primo arrivant, en situation de handicap, surdoué…. ?
Tous les enfants sont-ils égaux devant un livre ?

Non, nous le savons bien, alors comment penser qu’une seule et unique méthode pourra permettre à tous les petits écoliers de France de s’emparer du plaisir de la lecture !

Bien sûr, dans une grande maison comme l’Education Nationale, les règles et les circulaires sont nécessaires, mais :

  • Comment concilier, respect des circulaires et respect des enfants ?
  • Comment concilier respect des circulaires et réussites des apprentissages ?

Par la confiance aux enseignants, aux parents et aux enfants, par l’ouverture et la curiosité d’esprit, par l’acceptation de pratiques innovantes s’adaptant aux capacités des élèves.


Monsieur De Robien condamne une méthode déjà enterrée depuis bien longtemps et prône une méthode unique, véritable sésame vers la réussite, exige une obéissance aveugle de ses personnels, fustige et punit les enseignants qui font preuve de réalisme et de courage,.Enfin il accepte l’appel à la délation anonyme des maîtres par des parents mécontents.

Faisons confiance à nos enseignants, ce sont eux qui vivent au quotidien avec nos enfants, qui se démènent pour que tous fassent les apprentissages nécessaires à leur avenir de citoyen.
Ce sont eux qui, dans le respect des textes, cherchent des solutions adaptées afin que tous les élèves acquièrent la connaissance fondamentale qu’est la lecture.

N°93 OCTOBRE 2006

MISE A MORT !

La sonnerie de rentrée des écoles a tout juste retenti que notre école publique est clouée au pilori !

Nous entendons et nous lisons quasi quotidiennement dans la bouche de certains politiques ou dans les lignes de certains media que l’école publique est le lieu par excellence de l’indiscipline, de la violence, de l’antithèse des apprentissages, du laisser aller !

Oui l’école publique est en danger, mais pas pour les raisons que l’on veut bien nous faire croire.

Dans les écoles publiques, nos enfants apprennent comme partout ailleurs. Ils y connaissent les mêmes difficultés et les mêmes satisfactions que leurs camarades dont les parents ont fait des choix bien moins laïques. Ils y construisent leur avenir et y trouvent des équipes pour les aider. Des équipes qui croient en eux, qui croient en l’école pour tous les jeunes, sans distinction ethnique, sociologique ou économique.

Mais dans nos écoles, les personnels et les enfants souffrent. Ils manquent de reconnaissance, de confiance, d’écoute et de soutien de la part de leur ministère de tutelle. Car à force de stigmatiser les établissements en difficulté, nos dirigeants politiques atteignent leur objectif : moins d’enfant, donc moins d’enseignants, donc moins de moyens spécifiques, donc moins de budget, donc moins d’école en particulier pour ceux qui ont besoin de mieux d’école.

A ce rythme-là, dans quelques années, il n’y aura plus d’école publique, et nous, nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer.

Mais sans attendre, retroussons nos manches, défendons cette école que nous voulons ouverte, plurielle, inventive, ambitieuse, laïque, gratuite, bref une école vivante dans un vrai service public d’éducation !

N° 92 SEPTEMBRE

Bilan et perspectives !

Bilan :L’année 2005-2006 s’est achevée sur un sentiment de frustration, de déception, de
colère et de victoire des parents d’élèves de la FCPE !

Sentiments exacerbés par la certitude de ne jamais avoir été entendus, écoutés par un gouvernement droit dans ses convictions, fermé à toutes négociations, à toute évolution et dont tout au long de l’année, les priorités n’ont jamais été la défense d’un service public d’éducation au service de tous les jeunes de notre pays.

Frustration, lorsque après s’être engagé sur une loi d’égalité des chances et un socle commun de connaissance, Monsieur De Robien, nous propose des solutions inacceptables :CPE, apprentissage à 14 ans, collège ambition-réussite sans moyens, carte scolaire déplorable etc. !

Déception, lorsque après s’être engagé en Septembre 2005, à mettre en place un décret sur le statut de parents délégués, Monsieur De Robien, nous propose un décret sur la place des parents à l’école, en complète régression !

Colère, lorsque pour mieux stigmatiser les familles et les enfants en grande difficulté sociale, Nicolas Sarkozy, s’empare d’un rapport de l’Inserm et en détourne le sens et l’objectif !
Victoire enfin, lorsque, grâce à la détermination des étudiants et des lycéens, et de leurs parents, Monsieur de Villepin, retire le CPE de la loi d’égalité des chances !

Perspectives : L’année qui s’annonce doit être une année de mobilisation et de communication .

Mobilisation, car à n’en pas douter, et à commencer par les mesures budgétaires annoncées dès Juin 2006, la ligne politique du gouvernement en place n’évoluera pas dans le sens que nous souhaitons !

Communication car les parents d’élèves FCPE, doivent être force de propositions auprès de tous les candidats aux élections de 2007, élections nationales, comme locales. A nous de faire connaître et partager nos convictions, nos projets, concernant l’avenir de nos enfants.
C’est leur rôle de citoyens, d’élus associatifs du monde éducatif, ils doivent se battre pour l’avenir du service public d’éducation qu’ils défendent depuis toujours :
Laïcité, gratuité, égalité.

L’équipe de la FCPE44 vous souhaite courage et réussite
Pour l’année scolaire qui commence.
Vous pourrez compter sur notre soutien et notre détermination

N° 91 JUIN 2006

Apprendre ensemble, Apprendre autrement !

Il n’y pas de fatalité !

Tous les ans on déplore tantôt le désengagement des jeunes dans la démarche de l’apprentissage, tantôt la radicalisation des méthodes de l’Education Nationale.

On cantonne nos jeunes dans des systèmes où ils ne se retrouvent plus, où apprendre a perdu tout son sens, où aller à l’école n’est plus une obligation mais une véritable contrainte.

Pour qui ? Pour quoi ?

« A quoi ça sert d’apprendre si on ne nous écoute pas ? » « A quoi ça sert d’écouter si on ne nous entend pas ? » Quand on médiatise la marchandisation de l’apprendre, quand on vante les mérites des options rares et inaccessibles, quand on nous fait comprendre que l’école du savoir est ailleurs, et surtout , pas pour nous, « à quoi ça sert de se confronter encore et encore à ce quotidien qui nous renvoie inlassablement l’image de nos différences? »

Eh bien non ! « l’école ce n’est pas comme ça qu’on la voit ! Ce n’est pas comme ça qu’on la veut ! »

On la veut faite pour tous, mais surtout faite par tous ! Chacun y a sa place avec ses différences et ses richesses. Chaque idée, chaque initiative y apporte sa valeur ajoutée. Et valoriser l’initiative est bien plus enrichissant qu’évaluer l’échec. L’école ne doit pas être le ghetto de ce qu’on ne sait pas mais au contraire le lieu d’expression et d’échange des richesses que l’on a.

Le professeur a peut-être le savoir, mais il n’a pas tous les savoirs. Le quartier a son histoire, mais il n’a pas qu’une histoire. La combinaison de ces savoirs, l’échange de ces histoires peuvent être l’occasion de remettre l’enfant au cœur du système éducatif. Le faire participer à son propre apprentissage, à travers l’écoute, le dialogue, l’échange, le laisser s’impliquer et se tromper ; le laisser prendre des risques mais aussi du plaisir à vouloir tout révolutionner, lui donner sa véritable place de citoyen de l’école, c’est ça donner la chance à chacun.

En tant que parent d’élèves, soucieux de l’épanouissement de tous les enfants, nous devons combattre toutes les formes d’exclusion et valoriser toutes les actions qui contribueront à la construction de véritables élèves citoyens, responsables et porteurs de leur avenir.

N° 90 AVRIL 2006

Haro sur la jeunesse !

De Gilles de Robien à Nicolas Sarkosy en passant par Dominique de Villepin nos ministres rivalisent d’ingéniosité pour nous convaincre que la réussite et l’avenir de nos enfants sont actuellement leur préoccupation principale .
Si nous ne pouvons qu’apprécier l’empressement que ce gouvernement montre autour de la réussite de nos jeunes, nous ne pouvons ,hélas,que déplorer les solutions retenues :

Précarisation d’une jeunesse corvéable à merci :

  • Lorsque des jeunes en difficulté se verront proposer un apprentissage à 14 ans, sans projet de vie réfléchi. Cette orientation par défaut, sans possibilité de formation tout au long de la vie, faute d’un socle commun suffisant sera, hélas, gage de difficultés accrues dans le monde de l’école et dans celui du travail.
  • Lorsque la loi autorise le travail de nuit pour les jeunes apprentis, offrant, ainsi, sous couvert d’une meilleure formation, un personnel corvéable à merci, au mépris de toutes les recommandations de la médecine du travail.
  • Lorsque les jeunes ,diplômés ou non,n’auront ,grâce au CPE, que la projection d’un avenir incertain, sans projets, sans sécurité.

Marché de dupes :

  • Lorsque pour permettre la réussite et l’intégration des jeunes en difficultés, notre ministre annonce la création des collèges « ambition réussite» et de 1000 postes d’enseignants ; sauf que, loin de créer ces moyens, il les ponctionne dans les autres collèges ,y compris ceux des ZEP, en supprimant une demi-heure non affectée, dispositif permettant justement d’aider les enfants en difficulté !

La police dans les écoles :

  • Lorsque le Ministre de l’Intérieur, à la lecture d’un rapport de l’INSERM, préconise (dès la maternelle) la surveillance de nos plus jeunes enfants présentant des troubles du comportement, pour éviter la dérive vers la délinquance à l’adolescence. Si nous reconnaissons et réclamons la nécessaire prise en charge de ces enfants, nous déplorons cet amalgame sécuritaire qui vise à stigmatiser une population fragile.
  • Lorsque, après avoir retiré, en grand nombre ,des établissements scolaires, les adultes qui entouraient les élèves, le Ministre de l’Intérieur les remplace par des membres de la police, afin d’y assurer de la prévention.

Si nous réclamons un meilleur partenariat entre le monde de l’école et celui de la police en terme de prévention et de sensibilisation, nous déplorons là aussi le tout sécuritaire, qui consiste à faire entrer, à temps complet, des personnels de la police armée dans les écoles.

N° 89 FEVRIER 2006

Autorité parentale !

L’autorité parentale est l’ensemble des droits et devoirs conférés aux parents sur l’enfant mineur et sur ses biens.

Chaque parent en est titulaire.

Sauf décision de justice, ils l’exercent en commun, y compris en cas de séparation ou de divorce .

Selon la loi, en matière d’éducation, les décisions éducatives les plus importantes relatives à l’enfant requièrent l’accord des deux parents.
S’ils ne vivent pas à la même adresse, il est prévu que le chef d’établissement envoie systématiquement à chacun des deux parents tous les documents et convocations, toujours dans le respect de la gratuité de l’enseignement scolaire public
Interpellé sur ce point à l’Assemblée Nationale le 27 septembre 1982, le Ministre répondait déjà :« Rien ne s’oppose donc à ce que les chefs d’établissement pratiquent, à la demande des parents, la double correspondance administrative ».
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L’éducation d’un enfant ne se limite pas aux simples bulletins de note. L’orientation, la discipline,... sont également des domaines qui engagent leur avenir et leur vie.

Depuis 2004, les deux parents sont électeurs et éligibles. Cette année encore, de nombreux parents n’ont pu voter, non inscrits sur la liste électorale, matériel de vote non reçu…
Pourtant, là aussi les directives sont claires :« Dans le cas des parents chez lesquels les enfants ne résident pas, et dont l’adresse a été communiquée à l’établissement à la date de l’envoi, l’envoi de matériel se fera obligatoirement par la poste »

Les établissements scolaires publics sont des lieux d’apprentissage de la citoyenneté, dans lesquels les parents sont membres de la communauté éducative.
Il est important que les droits de tous les parents d’élèves soient respectés, y compris ceux des parents séparés ou divorcés.

C’est aussi cela la co-éducation

2005
N° 88 DECEMBRE 2005

Elections !

Depuis 20 ans, les parents d'élèves élisent leur représentants dans les conseils d'école et les conseils d'administration des collèges et lycées.

Les parents d'élèves forment le plus important corps électoral français !

Ce sont aussi, il faut le noter, les seules élections ouvertes aux étrangers.

Et pourtant !!

Aucune campagne médiatique, malgré les promesses du Ministre de l'éducation nationale !

Méconnaissance des règles démocratiques de la part des chefs d’établissements !

Mauvaise volonté de la part des responsables (Etat, communes, directeurs d'école, chefs d'établissement) !

  • Dysfonctionnements encore et toujours constatés !
  • Absence de commission électorale
  • Liste électorale incomplète
  • Envoi de matériel non réglementaire
  • Grève administrative des directeurs
  • Mot d'ordre "Vote par correspondance" illégal, lancé par un syndicat d'enseignants
    Etc….

Alors pourquoi ???

Qui, les parents d'élèves et la force qu'ils représentent, gênent-ils ?
Nos élus, nos partenaires ?

Les parents d'élèves sont membres de la communauté éducative. A ce titre, ils participent à la formation des élèves. Ils doivent pouvoir entretenir des relations permanentes avec les différents personnels éducatifs. Cette relation est un élément déterminant pour la réussite de la mission de service public (circulaire 2001-078 )

Obtenons enfin que les textes officiels soient intégralement respectés et que nos représentants élus puissent remplir leur rôle au sein de la communauté éducative!
N° 87 OCTOBRE 2005
Hypocrisie !

Il semblerait que les parents d’élèves fassent partie de la communauté éducative depuis la loi Jospin de 1989.

Monsieur de Robien, Ministre de l’Éducation Nationale, nous a même qualifié dernièrement de « membres importants ».

Voilà encore un bel exemple d’hypocrisie, telle que je la dénonçais dans l’éditorial de cette même revue du mois de septembre.

Depuis de nombreuses années, notre fédération milite pour que les parents d’élèves qui siègent dans les commissions de l’Éducation Nationale, bénéficient d’un statut de délégué.
Par cette revendication, la FCPE entend attirer l’attention des différents responsables et en particulier des élus sur la nécessité de donner du temps aux délégués parents pour exercer leur mandat.
Soyons clairs, il n’est pas question de fabriquer des permanents mais, tout simplement de leur donner les moyens d’assumer leur rôle.
Pourtant nombre de réunions, commissions, conseils d’administration sont encore programmés dans la journée.

Pire ! Lorsque la FCPE, lors de la séance du Conseil Supérieur de l’Éducation, qui s’est déroulée, devant le Ministre, le 7 juillet, propose que les comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté et les conseils de classe soient convoqués en dehors des heures de cours, certaines organisations syndicales d’enseignants et de chefs d’établissement ont voté contre, tandis que les autres s’abstenaient ou ne prenaient pas part au vote...
L’administration n’a même pas bougé le petit doigt.

La FCPE a ainsi pu mesurer l’écart qui existe, pour certains, entre les déclarations généreuses, qui ne coûtent guère, et le refus de les assumer dès lors qu’il s’agit de les traduire en dispositions concrètes.

La FCPE 44 continuera à revendiquer ce statut de délégué qui fait défaut à beaucoup d’entre nous.
Elle encourage et invite toutes les structures de la fédération à engager une action qui consiste, lorsque ses délégués ne peuvent pas se rendre à une convocation de l’Éducation Nationale, d’une administration ou d’une collectivité, à envoyer une lettre d’excuse avec copie au Ministre de l’Éducation Nationale.

Espérons que la surdité hypocrite de ce ministère ne soit pas doublée d’une cécité malhonnête !
N° 86- SEPTEMBRE 2005
Ecole en danger !

Malgré des résultats extraordinaires ces quinze dernières années, notre système éducatif ne progresse plus, que ce soit en qualité ou en quantité.

Mais de quels maux souffre donc notre École Publique ?

D’abord et avant tout d’une grande malhonnêteté politique : Depuis 1881, et les lois laïques de Jules Ferry, nos responsables politiques, de droite comme de gauche d’ailleurs, n’ont pas cessé, à des degrés divers certes et mais toujours sous couvert d’un bon motif, de remettre en cause l’École de la République.

La France dépense beaucoup pour maintenir un dualisme scolaire qui n’apporte pas que les avantages d’une saine concurrence, mais qui nourrit un système éducatif morcelé, inégalitaire, qui ne répond plus au besoin du plus grand nombre et qui laisse beaucoup de nos enfants sur le bord de la route.

D’un certain immobilisme et corporatisme : Plus que jamais, l’École doit évoluer. Des évolutions profondes des pratiques d’enseignement et des modes d’organisation du système scolaire sont aujourd’hui nécessaires.
L’amélioration du service public d’éducation ne réside pas exclusivement dans l’augmentation du nombre de postes d’enseignants mais bien dans une remise en cause des pédagogies, des programmes, des organisations et des relations élèves, parents, enseignants.

D’une fâcheuse dérive libérale des usagers et en premier lieu des parents d’élèves consommateurs d’écoles, qui aujourd’hui n’hésitent pas à utiliser toutes les « ficelles » pour avantager leur progéniture, ce qui ne fait en réalité qu’aviver l’appétit des marchands de soutien scolaire et pousser les chefs d’établissements à améliorer leur taux de réussite aux examens..

L’École n’est pas une marchandise au service de quelques uns.

Si elle doit rester au service de la nation et de tous ses jeunes, la réponse ne peut alors venir que d’un seul grand service public, laïque, gratuit, qui met l’élève au centre de ses préoccupations et qui assure l’égalité des chances de tous les enfants.
N° 85- JUIN 2005
Réforme des baccalauréats : Il est urgent de prendre son temps !

Si François FILLON a reculé devant les lycéens et décidé de retirer le paragraphe "baccalauréat " de son projet de loi, la FCPE estime indispensable une réelle réflexion sur la modernisation des baccalauréats.

Notre projet éducatif définit le baccalauréat comme :

« Une évaluation certificative qui ne se limite pas à la notation de savoirs académiques par des épreuves ponctuelles, mais qui prenne en compte l'intégralité du travail des candidats »

Actuellement, les différents baccalauréats ne répondent pas à ces exigences.
La priorité est donnée à l'épreuve de fin d'année dont les inconvénients ne sont plus à démontrer :

  • Bachotage n'assurant pas une réelle maîtrise des acquis.
  • Un troisième trimestre inexistant non seulement pour les bacheliers, mais aussi pour les autres élèves dont les établissements accueillent les épreuves.
  • Stress excessif, entraînant des conduites addictives (médicaments) de nombreux jeunes.

Il faut donc associer à cette épreuve finale des évaluations en cours de formation, mais quelles évaluations pour échapper au risque de perdre le caractère national des baccalauréats ?

Le contrôle continu, consiste à prendre en compte toutes les notes de l'année (cela existe déjà partiellement pour les années de première et de terminale)

Les examens partiels sont des épreuves passées en cours d'année dans les conditions d'un examen, ils existent déjà dans l’enseignement agricole et dans l’enseignement professionnel

Ces évaluations ont l'avantage de permettre à l'élève de faire le point sur ses connaissances, de progresser en cours d'année et de rendre ainsi les baccalauréats plus justes

Des jurys devront s'assurer que les épreuves correspondent bien au niveau d'exigence d'un diplôme national et que les corrections et les notations s'inscrivent bien dans une grille d'évaluation nationale

Cette validation par l'Etat donnera bien aux baccalauréats leur caractère national.

Ce n'est qu'en analysant quelles compétences on veut développer chez les jeunes, quelles capacités le baccalauréat doit sanctionner, de quelle manière et pour quels jeunes, que l'on parviendra à une épreuve plus juste, permettant de trouver un équilibre entre une épreuve finale et une évaluation en cours d'année.

Cette réforme demandera du temps, de la réflexion et surtout un partenariat entre les différents membres de la communauté éducative, y compris les élèves.
N° 83- FEVRIER 2005
Non au mérite ; Oui à la gratuité !

La loi d’orientation est écrite. Elle ne soulève pas l’enthousiasme. C’est le moins que l’on puisse dire !

Si, comme l’explique M. Fillon, “ il y a soixante millions d’avis sur l’école mais il peut n’y avoir qu’une réforme ”, elle ne peut, quand même, pas se faire contre l’avis de la quasi-unanimité des acteurs éducatifs de ce pays.

Monsieur Fillon ignore beaucoup des propositions de la Commission Thélot, pourtant issues du grand débat souhaité par Jacques Chirac, lui-même.

Encore plus surprenant ce Ministre, qui dans le rapport annexé à la loi, reconnaît que “ l’origine sociale pèse lourd sur l’égalité des chances ” et qui, quelques lignes plus tard, fait de la reconnaissance au mérite une des missions essentielles de l’école. Il trouve même “ indispensable la recherche de l’excellence académique ”.

Le brevet devient déterminant dans la poursuite des études et dans l’orientation des élèves de troisième. L’attribution d’une mention “ Bien ” ou “Très bien ” serait nécessaire pour bénéficier des bourses au mérite.

Mais qu’est ce qu’un élève méritant en 3ème ?
Qu’est ce que l’excellence ?
Pourquoi une telle exigence de résultats pour un élève boursier ?

Dire “ que la voie professionnelle du lycée a pour fonction première l’insertion professionnelle directe ”, comme réserver les sections BTS aux élèves reçus au Bac Pro avec toujours ces mentions “ Bien ” ou “ Très bien ”, n’est-ce pas bloquer toute revalorisation de la filière professionnelle ?.

2004
N° 82- DECEMBRE 2004
Loi d’orientation : Quel contenu ? Quels moyens ?

Pour la FCPE, le rapport de la commission Thélot va dans le bon sens.

Ce rapport est une base de travail courageuse et novatrice pour faire évoluer notre système éducatif .
Mais quelle suite va être donnée par le Ministère de l'Education Nationale à la remise de ce rapport ?

Mr Fillon a -t-il réellement l'intention de se servir de ce texte pour élaborer la future loi ?

Les parents d'élèves ne peuvent que s'inquiéter de la tournure des événements. Sommes nous concernés par la nouvelle loi d'orientation.?

A en croire les ministres et les médias sûrement pas : Nous ne sommes pas invités à participer aux commissions thématiques de réflexion mises en place jusqu'au 15 Novembre .Tout juste, sommes-nous admis à réfléchir dans des groupe de travail, indépendants des tables rondes réservées aux organisations représentatives des personnels !!!

Nous sommes curieusement absents de tout interview ,débat ou consultation organisés depuis le 12 Octobre.

La loi d'orientation va-t-elle s'inspirer des recommandations de le commission Thélot?
Les rares communications du Ministre, nous font plutôt penser à des mesures bon marché, favorisant l'immobilisme, voire le recul, flattant les nostalgiques d'un temps révolu : retour à la punition collective, réflexion sur la mixité, l'uniforme, valeur de la politesse etc…
Où sont rangées les propositions novatrices telles le socle commun (pas le SMIC culturel, mais un vrai contenu d'acquis fondamentaux pour tous les jeunes), les structures d'aide aux jeunes en difficultés, aide à la construction d'un réel projet de formation pour chaque jeune ,la formation, la mission des personnels, etc…

Dans un des profonds tiroirs...du ministère ?

La loi serait-elle déjà écrite?
On peut se poser la question, devant la volonté du gouvernement d'en finir au plus vite : Calendrier précipité : projet de loi soumis au Conseil supérieur de l'Education avant Janvier 2005 et au parlement dès le printemps, pour une application en septembre 2005.

En tout état de cause, nous n'accepterons pas une loi d'orientation dont le seul objectif serait de faire faire des économies au Ministère de l'Education Nationale au détriment d'une réelle évolution du système éducatif.

N° 81- OCTOBRE 2004
Quelle place pour les parents ?

Quinze ans après la volonté affichée dans la Loi d’orientation de 1989, dite Loi Jospin, cette question est toujours d’actualité.

Quinze ans de luttes au quotidien pour que les parents d’élèves soient reconnus comme de véritables partenaires de l’Education Nationale.

Nombre de réunions se font encore dans les heures où les parents sont à leur travail (Commissions de l’éducation spéciale, commissions d’affectation et d’orientation, commissions bourses…).
Aucun gouvernement n’a avancé sur le statut de délégué parent.

Pourtant, notre fédération ne demande pas la lune, simplement des moyens en temps pour participer à ces réunions.

Mais cette question de notre place est d’autant plus d’actualité, lorsque des délégations de parents sont reçues à l’Inspection Académique pour défendre l’ouverture ou la non-fermeture d’une classe, alors que les décisions sont déjà prises au Comité Technique Paritaire Départemental.
Le comble, c’est lorsque la délégation de parents montant au 2ème étage croise dans les escaliers, les représentants des enseignants qui sortent de cette instance et leur annoncent les dernières mesures de carte scolaire.

Nous savions l’Education Nationale et en premier lieu le Ministre, peu respectueux de leur engagement, mais de là à nous ignorer pareillement, il y a un pas de franchi .

D’ailleurs cette façon de considérer ses partenaires n’est pas nouvelle.
En matière d’élections des représentants parents d’élèves, nous attendons toujours une campagne médiatique digne de ce nom..
Notre représentation dans les conseils de discipline est revue à la baisse, malgré une augmentation du nombre d’adultes autour de la table.

Le ministre va bientôt sortir de son chapeau une nouvelle loi d’orientation. Nous ne pouvons qu’avoir des craintes sur son contenu…

Alors écoles sanctuaires ou écoles démocratiques ?
Parents démissionnaires ou parents démissionnés ?

N° 80- SEPTEMBRE 2004
Bonne rentrée scolaire à tous !

Notre fédération de Loire-Atlantique doit rester plus que jamais mobilisée, pour obtenir de l’Etat la garantie d’un service public d’éducation pour tous les élèves.

Notre fédération doit continuer à travailler en s’appuyant sur la force de nos conseils locaux, pour obtenir de nos élus, communes, département, région, le respect de leurs engagements.

Notre fédération demeure au service de tous les élèves. C’est, depuis sa création, le sens de l’engagement des parents d’élèves bénévoles de la FCPE.

Notre fédération doit rester un partenaire incontournable, force de propositions et de négociations, défenseur de la co-éducation, de la gratuité, de la place de l’élève au centre du système éducatif ...et de bien d’autres combats qui restent à mener

N° 79- JUIN 2004
CHANGEMENT DE MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE ?

MEME POLITIQUE LIBERALE POUR LA PROCHAINE RENTREE SCOLAIRE !

Luc Ferry a été remplacé par François Fillon au ministère de l'Education Nationale.
Un professionnel de la politique, très habile dans les négociations au point de savoir diviser pour régner. Nous l'avons vu faire sur le dossier des retraites…

En matière d'éducation nationale, il est là pour calmer le jeu avec les enseignants, en ayant à gérer d'abord le problème de la loi d'orientation…sur la recherche et à régler les problèmes des universités, avec notamment les diminutions des postes des futures enseignants ! (exemple : les STAPS, sciences et techniques des activités physiques et sportives…).

Quant aux écoles et aux établissements secondaires publics, quels moyens aura-t-il réellement pour faire face à la prochaine rentrée scolaire, sans dotation supplémentaire, à ce jour, sans revenir sur le dossier des assistants d'éducation, avec une décentralisation des TOSS (techniciens, ouvriers des services spécialisés) vers les conseils généraux et régionaux sans moyens financiers, contestée par les agents et les collectivités territoriales dans de telles conditions.

En tous cas, il s'agit d'un ministre dans un gouvernement de transition que nous n'avons vu guère préoccupé de l'enseignement public et des fédérations de parents d'élèves quand il était président du conseil régional "Pays de la Loire" !

Ceci nous oblige d'autant plus à être vigilants et à nous mobiliser, connaissant l'orientation donnée par le ministre des finances actuel !

Comment peut-il faire respecter la clause de sauvegarde sur les 420 postes dans les écoles de Loire-Atlantique ? Il en manque toujours 40 en Loire-Atlantique pour la prochaine rentrée ! et les remplacements dans le secondaire ?

N° 78- AVRIL 2004
La FCPE fait de la politique éducative !

Dans le contexte des élections cantonales et régionales, notre fédération a rencontré les responsables politiques des diverses listes pour connaître leur programme en faveur de l’éducation.
Nous leur avons ainsi transmis nos revendications en matière de construction de collèges et de lycées publics, au plus près des jeunes.

Ceci a été, aussi, l’occasion de continuer à exiger :

  • la gratuité des livres dans les lycées de la région comme aux collèges,
  • des dotations à l’équipement technologique correspondant au coût réel,
  • des subventions conséquentes lors des séjours linguistiques internationaux,
  • La gratuité des transports scolaires et l‘amélioration des dessertes,
  • Les contrats éducatifs en collège,
  • Les réseaux informatiques,
  • Le poids des cartables et les solutions possibles.

Nous avons aussi pu échanger de façon constructive sur le plan régional des formations et les besoins des jeunes.

C’est bien notre responsabilité d’ACTEURS DE TERRAIN DE SAVOIR FAIRE des propositions CONCRETES aux responsables politiques. Cette DEMOCRATIE DE PROXIMITE, nous allons continuer à l’exercer APRES les ELECTIONS en reprenant contact, régulièrement, avec les élus issus des urnes pour qu’ils respectent leurs engagements et les concrétisent rapidement !

N° 77 - FEVRIER 2004
Débat national, quelle école pour demain ?

Bien que nous ne soyons pas naïfs sur les objectifs ministériels de favoriser une école libérale au service du patronat, nous devons être présents bien au delà du 17 janvier 2004 dans les divers débats pour un réel bilan de la loi d’orientation et continuer à faire des propositions sur les points à améliorer.

Que constatons-nous dans les établissements scolaires et les circonscriptions ?

Le gouvernement avait, visiblement, espéré s’appuyer sur les parents lambda ou sur d’autre citoyens qui, inévitablement, auraient critiqué, essentiellement, les faiblesses du service public actuel sans contrebalancer avec ses importantes réussites depuis 30 ans…

En agissant dans la précipitation et en voulant boucler l’essentiel des débats fin décembre, le gouvernement n’a pas organisé une réelle consultation. Le public recherché n’est pas venu en nombre !

Qui a eu, parmi les parents, connaissance réellement du dossier complet et volumineux “ éléments pour un diagnostic sur l’école ”, consultable sur le site du débat national ?

Qui, si ce n’est les parents d’élèves fédérés, les parents militants ?…Et encore, parmi nous, ceux qui ont accès à internet !

Quant aux 4 pages de synthèse distribuées au moment du débat, tous les parents ne les ont pas eues. Nos représentants locaux ont dû, parfois, faire des photocopies pour nos adhérents et sympathisants. Parfois, une seule réunion a été organisée au lieu de deux demi-journées. Parfois des problèmes de garde se sont posés, l’école n’étant plus assurée pendant les débats. Dans quelques cas, des débats ont eu lieu à 16 heures…Quid du statut de délégué-parent ?

Ceci a eu au moins le mérite de permettre des rencontres entre personnels de l’éducation, élèves, parents hors cadre habituel, dans certains établissements.

Quant est il des débats organisés par la préfecture et les sous-préfectures ?

Beaucoup d’invitations pour une très faible participation : quelques personnes âgées nostalgiques de l’école, d’il y a cinquante ans, … présence d’un nombre certain de responsables UMP, UDF, CNI et de représentants patronaux, à Nantes, notamment ! Avec clairement affirmée la volonté des employeurs d’être présents dans les conseils d’administration des établissements et d’être des tuteurs pour apprendre à ces jeunes la valeur du travail ! ! Et cela, nous l’avons contré !

Nous allons continuer à promouvoir l’école que nous voulons dans les mois à venir (notre fédération va être auditionnée prochainement par la commission Thélot ainsi que les syndicats, ce qui n’était pas prévu), au CDEN (conseil départemental de l’éducation nationale) le 15 janvier, à notre congrès départemental fin Janvier, aux élections de mars et juin et ainsi qu’à notre congrès national à Nantes, fin mai 2004.

Le combat continue !

2003
N° 76 - DECEMBRE 2003
Vivre ensemble 


Etre adhérent de la FCPE, c’est déjà être convaincu que l’éducation de son enfant est un domaine partagé.

C’est aussi, vouloir travailler ensemble, rencontrer d’autres parents, s’informer, se former, …
C’est pour beaucoup, partager les mêmes valeurs de gratuité, de laïcité d’égalité des chances.
Cela peut être pour certains, s’investir pendant une période de sa vie, donner de son temps pour les autres et pour l’Ecole Publique.

Et les nouveaux parents d’élèves, lorsqu’ils adhèrent à la FCPE, ne sont pas tous au même degré dans cette démarche associative.

C’est tout à fait normal, voir rassurant notamment pour la pérennité de notre association. Dans ce cas, c’est aux « anciens » de leur apporter leur expérience

Nous avons tous besoin de nous remettre en cause. Toutes les propositions et initiatives nouvelles sont alors les bienvenues.

L’année scolaire dernière le Conseil d’Administration départemental a été dans l’obligation de créer une commission spéciale afin d’arbitrer les différents conflits entre adhérents, groupes d’adhérents ou responsables de conseils locaux.

Le Conseil d’Administration départemental a même dû procéder à l’exclusion d’un conseil local, du fait des agissements de son Président, dans un autre conseil local.

Ce n’est pas le rôle de la fédération départementale de gérer les différents qui peuvent survenir dans les conseils locaux, de prendre parti entre les protagonistes.

La raison et si besoin les règles de vie de toute association, que l’on retrouve d’ailleurs derrière les valeurs de laïcité et de démocratie, devraient suffire.

Au contraire, tous nos adhérents, quelque soient leur sensibilité, doivent se mobiliser pour défendre le service public d’éducation attaqué de toutes parts, et notre place de parents d’élèves de plus en plus remise en cause.
N° 75 - OCTOBRE 2003
Sacrée Rentrée Scolaire

Dans l’enseignement public, tout compte fait, la rentrée scolaire s’est globalement bien passée en Loire-Atlantique ! ! Alors qu’une semaine avant, l’enseignement privé faisait état d’une demande massive de parents d’élèves issus du public, ceci comme conséquence surtout des récentes grèves des enseignants du public ? ! Ils en profitaient aussi pour affirmer les qualités pédagogiques de ses enseignants?

La PEEP(parents d’élèves des écoles publiques) nationale en rajoutait une couche en utilisant un sondage de prérentrée pour faire part globalement d’appréhensions des parents d’élèves du public et de leur perte de confiance vis à vis de l’enseignement public.

De notre côté?comme c’est bizarre, aucune remontée de telles angoisses ni d’affolement : des parents rassurés par les 140 postes que nous avons obtenus en 2001, parents et enseignants ensemble ! Des parents contents d’avoir obtenu le principe de 4000 assistants d’éducation supplémentaires pendant l’été (même s’il manque encoure au moins 5600 postes pour faire le compte !). Et puis la réouverture de l’école de Rougé gagnée par le mouvement social de 2001 et la création de plusieurs établissements publics !

Une rentrée qui confirme, en fait, surtout la poussée démographique que nous avions anticipée heureusement dans la 1er degré, avec une répartition (2/3 public, 1/3 privé), conforme au rapport habituel.

Cette offensive médiatique de l’enseignement privé relayée par la PEEP démontre qu’ils sont de loyaux relais du gouvernement. Le premier, en plus? essaie de s’attirer des CLIENTS jusqu’au bout? et de monnayer ses services auprès de l’Etat comme prétendu garant de la paix sociale !
Cela revient à distiller insidieusement l’idée que les enseignants du public ne seraient tous que des agitateurs politiques et non des pédagogues, surtout !
Or le sens des responsabilités, ces enseignants là l’ont démontré en ne boycottant pas globalement les examens (en tenant compte surtout de notre position clairement affirmée), et en assurant leur travail à la rentrée !
Lorsque l’on examine les chiffres de réussite des élèves du public depuis plusieurs années, les enseignants ont réussi à amener une très grande majorité à des diplômes, et cela se chiffre en millions d’enfants et de jeunes.
Il nous reste à améliorer le système pour la réussite de TOUS grâce à la gratuité.

En tous cas, le dénigrement, la désinformation et la disqualification idéologique de l’enseignement public, CA SUFFIT ! Le fait de payer ne garantit pas un meilleur enseignement. Pourquoi alors y a t’il autant de zapping du privé vers le public ?

N° 74 - SEPTEMBRE 2003
Service Public : des devoirs

Si notre système éducatif nous est tant envié, c’est bien parce qu’il allie efficacité et performance ; et le fait que l’Education Nationale soit un grand service public n’y est certainement pas étranger, ne serai-ce que parce que cela l’oblige à respecter les grands principes institutionnels que sont :

  • La continuité du service public
    A chaque fois qu’un enseignant est absent sans être remplacé, c’est une entorse au principe fondamental de la continuité du service public.
    Si la situation s’est nettement améliorée dans le 1er degré depuis l’an 2000, il n’en est pas de même dans le second degré. C’est pourquoi la FCPE 44 met en place dès la rentrée 2003, une action “ Pas de classe sans enseignant ” dans tous les établissements du second degré
  • Le principe d’égalité du service public, essentiel au sein du système éducatif
  • Les principes de laïcité et de gratuité de l’enseignement, d’ailleurs inscrits dans la constitution de 1958 : “ L’Etat a le devoir d’organiser un enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés ”.

Dans ses formes d’organisation et dans ses contenus d’enseignement, l’Education Nationale doit répondre aux besoins de notre société.

L’obligation scolaire, la démocratisation de l’école, la sectorisation… tout concourt au respect du principe d’égalité de droit et d’accès à tous, sans discrimination, et dans ce cadre, la gratuité est plus que jamais la condition principale.

Mais avec ces nouvelles formes d’organisation sont apparues de nouvelles charges pour les familles (restauration, transports scolaires...).
Si, du point de vue juridique le principe de gratuité ne concerne que la prestation d’enseignement, ce n’est pas pour autant que la scolarisation d’un enfant à l’Ecole Publique doit dépendre du bon vouloir des services sociaux.

Aucune famille ne doit être pénalisée pour des raisons financières, dans l’accès à l’éducation.
Alors prétendre assurer cette gratuité au moyen de l’aide sociale ou par la vente de petits pains relève d’une certaine malhonnêteté politique.
Si la participation des familles est nécessaire , Etat et collectivités territoriales ne doivent pas pour autant se dégager de leurs obligations.

L’Ecole Publique est un service public au service de la Nation et de ses enfants.
N° 73 - JUIN 2003
Oui, l’élève est bien au centre du système éducatif !

Nous ne savons pas quand la remise en cause de la loi d’orientation de 1989 va intervenir réellement, mais nous devons l’anticiper en passant à l’offensive.

Jules Ferry, l’illustre parent de notre ministre de l’Éducation Nationale actuel, préconisait déjà, dans un discours du 2 avril 1880 de « placer l’élève au cœur de l’école », grâce à des « méthodes nouvelles », qui éveillent la spontanéité de l’enfant pour en diriger le développement au lieu de l’emprisonner dans des règles toutes faites auxquelles il n’entend rien ».

Suite à 1968 qui a modifié profondément les rapports sociaux, René Haby, ministre de l’Éducation Nationale sous la présidence de V. Giscard d’Estaing, avait conçu en 1975 un collège diversifié avec comme préoccupation principale de ne pas orienter trop tôt les élèves et donc de s’adapter à eux.

François Bayrou, dans une interview du Monde du 4 et 5 mai 2003, ne comprend pas la polémique qui est en train de naître sur qui est au centre du système éducatifs : les savoirs ou les élèves.
« Pour tout enseignement, pour tout parent, il est évident que l’élève est le but et le centre de l’enseignement. C’est lui que l’on cherche à former, à élever au sens propre du mot, à tirer vers le haut, en lui donnant à la fois des connaissances et la capacité de penser par lui-même.
C’est vers l’élève que sont dirigés tous les efforts.

Et c’est précisément parce que l’élève est au centre de l’effort d’enseignement qu’il convient d’être exigeant avec lui, de ne pas lui transmettre des connaissances au rabais, de ne pas l’abandonner sur le chemin de sa formation … »

Luc Ferry, qui se veut l’héritier de conceptions traditionnelles éducatives, ne peut quand même pas dénoncer ces trois prédécesseurs comme de dangereux soixante-huitards ! D’autant plus que lui même en tant que parent d’élève a fait le choix de l’enseignement privé qui lui, met actuellement en avant l’intérêt de la pédagogie différenciée, en se centrant bien entendu sur l’élève et son rapport aux savoirs.

En réalité , l’objectif est bien de revenir à une école publique de classe faite pour les élites issues de la bourgeoisie, en préparant le plus tôt possible une élimination des élèves en difficulté issus le plus souvent de milieu modeste ou de l’immigration par une orientation vers l’enseignement professionnel.

Derrière ce faux débat, il y a vraiment une volonté d’opposer les enseignants et les parents de l’enseignement public, pour pouvoir plus facilement attaquer le service public, voire le démanteler !

C’est pourquoi il faut continuer à mobiliser plus que jamais, en tant que parents d’élèves avec les enseignants face à un tel discours démagogique et réactionnaire !
N° 72 - AVRIL 2003
Quelle décentralisation ?

Nous sommes, aujourd’hui, à la veille d’une nouvelle étape de la décentralisation. La dernière datait du 2 mars 1982 : la Loi Defferre.

Comment ne pas avoir , nous citoyens, un à priori favorable à ce transfert de compétences d’un état centralisateur sur des collectivités territoriales, plus proches des besoins et des aspirations locales ?

Comment ne pas être sensible à un objectif d’assurer une plus grande proximité, de placer l’administration plus prêt de l’usager et d’accorder une plus grande autonomie aux acteurs ?
Comment ne pas reconnaître le travail réalisé par le Conseil Général dans la construction, la rénovation et l’équipement des collèges de Loire-atlantique ?

Pour autant, l’action engagée depuis 1982 n’a pas que des avantages. De fortes inégalités sont apparues entre les régions et les départements.

L’Etat a failli à sa mission de régulateur.

Les collectivités n’ont pas toutes les mêmes moyens, la même volonté politique. Il n’y a qu’à regarder les différences de traitement en matières de manuels scolaires dans les lycées.

Véritables “ grands messes ”, les Assises des Libertés Locales n’ont pas permis l’expression des acteurs sociaux et en particulier des parents d’élèves. Par contre, les élus locaux, très largement représentés, y ont fait leur marché :

A la région, l’action économique, les ports et les aéroports, l’orientation, la gestion des personnels ATOS…

Au département, les routes nationales, le social ( le RMI, Les personnes âgées, la santé scolaire, les handicapés, la carte scolaire des collèges...).

Dernièrement, le congrès a voté la modification de la constitution : un joli cadre avec pour ce qui est du contenu le flou le plus absolu.

Des expérimentations seront toujours possible, y compris dans l’éducation.
Il est donc nécessaire de connaître les intentions réelles des collectivités. Notre fédération s’y emploiera.

En attendant, nous sommes devant un véritable dégraissage du mammouth.
N° 71 - FEVRIER 2003
Loi d’orientation de 1989 : Garder le cap !


Aucune place à l’éducation pendant la campagne électorale et depuis l’élection du nouveau gouvernement.- Par contre, un matraquage médiatique systématique, insidieux sur les questions de sécurité avec une omniprésence du ministre de l’intérieur, depuis.

Résultat :

Face aux mouvements de fin d’année, discours rassurant de notre Rominagrobis de premier ministre sur l’éducation qui nous demande … de lui faire confiance, en anesthésiant toute vigilance…

  • L’Éducation devient un enjeu national. La loi d’orientation devrait être rediscutée (la place de l’enfant, des parents d’élèves, la co-éducation), les missions de l’école aussi.
  • Nous constatons un essai de recentrer sur les savoirs, avec des orientations précoces dès la fin de la 5ème, avec globalement un discours anti-jeunes (tous potentiellement des délinquants), anti-parents d’élèves (laxistes, défaillants, démissionnaires), quelque soit les milieux, de fait les plus défavorisés…
  • Nous constatons un discours contre l’école publique en ne focalisant que sur ses échecs (jeunes sortant sans qualification, taux d’illettrisme) en oubliant, comme par hasard, de parler des réussites depuis 30 ans (signalons que le budget est à mettre en parallèle avec les millions de jeunes qui ont eu le bac ou des diplômes) !

L’objectif n’est-il pas de former un grand nombre d’enfants obéissants, soumis, conformistes, prêts à la flexibilité, taillables et corvéables dans un système éducatif qui prépare à un caporalisation dans les entreprises ?

L’objectif n’est-il pas d’avoir une élite qui aura appris tout au long d’une compétition scolaire forcenée, à écraser ses petits camarades ?

Le système économique n’aurait-il pas besoin dorénavant de personnes très qualifiées et d’un volume de main d’œuvre sans qualification ?

Les discours et cette attitude réactionnaire, nous devons les combattre en réaffirmant la place des enfants et des parents d’élèves dans les établissements scolaires !

Il ne s’agit pas de mettre l’enfant sur un piédestal, de le considérer comme un roi mais bien de réaffirmer que les adultes doivent l’aider à grandir en l’incitant à devenir acteur de sa vie.

Voilà, un programme de fond, loin de toute démagogie qui n’a jamais autant nécessité la co-éducation

2002
N° 70 - DECEMBRE 2002
Laïcité !

Laïcité, dans ce mot, la FCPE y puise son origine, son histoire, et son identité.

L’École Publique est laïque.

Accepter tous les enfants quelque soient leur origine, leur religion, leur coutume, y compris avec le foulard … telle est sa mission première.

Enseignants, personnel des collectivités de l’enseignement public ont par conséquent le devoir de neutralité et de respect de l’individu.

Dans ce contexte, tous les parents d’élèves ont leur place, au moins comme usagers d’un service public. Ce droit n’a pas été acquis sans difficulté. Souvenons nous de cette période où nos anciens étaient laissés devant les portes des écoles au nom de la Laïcité.

Aujourd’hui, les délégués parents d’élèves trouvent leur légitimité dans des élections démocratiques, organisées selon des règles établies par l’Éducation Nationale, les mêmes d’ailleurs que celles appliquées au niveau politique et syndical.

Élus, ils représentent tous les parents de l’établissement.

Ce droit de représentation est ouvert à tous les parents et personne ne peut prétendre le limiter, et surtout pas les enseignants, au nom de la laïcité.

Il n’y a pas de bons et de mauvais parents.

Personne ne peut préjuger de l’engagement laïque d’un parent d’élève.

Exiger d’eux la « pureté laïque » n’est certainement pas le bon combat. D’abord, battons nous tous ensemble pour que l’École Publique réponde aux besoins des familles et de la Nation.La transparence et l’application des règles par tous, ce sont là aussi la raison de vivre de tout service public.